MMW Heure du The


L’heure du thé avec Shanna à la Maison Macdonell-Williamson

Un aperçu historique

Depuis mon jeune âge, je rêve de vivre à l’époque du 19e siècle, et plus précisément, durant la période victorienne. La tenue vestimentaire élégante, l’architecture ornée, les beaux-arts, l’artisanat raffiné, la littérature romantique et le mode de vie au ralenti sont toutes des choses qui m’ont attirée vers cette période inspirante de notre histoire. Évidemment, la vie quotidienne durant ce temps n’était pas nécessairement facile. La vie était dure pour beaucoup de gens. Les gens mouraient plus jeunes et les maladies étaient plus courantes. Mais pour ceux qui étaient assez chanceux de naître dans une famille aisée, la vie pouvait être plus confortable. Et cette vie pouvait même être vécue parmi les merveilles de la nature, ainsi que celles fabriquées par des mains talentueuses. La Maison Macdonell-Williamson (MMW) est justement un de ces endroits exceptionnels où plusieurs auraient sans doute voulu habiter et vivre. En tout cas, c’est vrai pour moi !

Située sur la rive sud de la rivière des Outaouais, près du village de Pointe-Fortune de la frontière entre l’Ontario (Haut-Canada) et le Québec (Bas-Canada), la majestueuse résidence a été construite par l’entrepreneur John Macdonell, un homme d’affaires performant, commerçant de fourrures et partenaire de la Compagnie du Nord-Ouest, durant la période géorgienne, (soit) en 1817. Il habitait là avec son épouse métisse, Magdeleine Poitras et ses douze enfants, pour qui il construisit une maison de rêve qui abritait son magasin général, jusqu’à sa mort en 1850. La personne suivante qui acquit la maison fut William Williamson en 1882, qui y vécut avec sa famille et ses descendants jusqu’en 1961, quand la maison a été expropriée par Hydro-Québec pour le développement hydroélectrique à (de) Carillon. Heureusement pour nous tous, le barrage a été construit plus loin et la maison a été épargnée. Aujourd’hui, nous pouvons toujours y retrouver à proximité de la propriété la borne de pierre originale marquant la frontière entre le Haut-Canada et le Bas-Canada. Quelle trouvaille formidable !

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Après avoir été désigné site historique national par le gouvernement du Canada en 1969, ce trésor patrimonial a été sauvé par la Fiducie du patrimoine ontarien, qui plus tard travaillera en partenariat avec les Amies de la maison Macdonell-Williamson, un organisme de bienfaisance qui s’occupe d’opérer la maison et à qui nous devons la préservation d’une partie intégrale de notre histoire commune aujourd’hui.

Mon expérience à la maison Macdonell-Williamson

Voilà ce qui fut ma toute première visite dans cette majestueuse maison aussi appelée autrefois, Poplar Villa. Alors que je m’arrêtais devant la maison, mes yeux s’agrandirent et un faible son s’échappa de ma bouche béante. La magnificence de la maison avec sa vingtaine de fenêtres et volets faisant le tour complet de la maison était tout simplement-- époustouflante !


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La première chose qui m’a frappée est l’état de la maison s’est bien conservée pou le temps. Entourée d’un grand jardin anglais et surplombant la rivière des Outaouais, j’ai senti que cette maison aurait sûrement beaucoup d’histoires à raconter. L’entrée de la maison est très accueillante avec son grand escalier de bois menant au premier étage. Au rez-de-chaussée, de vieilles photos ornent les murs du couloir principal et un bureau s’y retrouve contenant des informations pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur la maison et son histoire. À droite de l’entrée, on retrouve au même endroit qu’auparavant, le magasin général rempli d’antiquités et d’objets de collection, des œuvres d’art réalisées par des artisans locaux et des livres d’histoire, pouvant être achetés pour aider à soutenir le travail important de l’organisme qui s’occupe de la maison. À gauche se trouve un salon exquis et tout à fait fonctionnel, menant à la salle de thé, où les visiteurs sont invités à s’asseoir et à prendre un bon thé servi dans une belle tasse de porcelaine, accompagné d’un scone délicieux.

Ces deux salles sont les seules qui ont été rénovées dans toute la maison. Conformément aux règlements de conservation de lieux patrimoniaux, le reste de la maison a été laissé partiellement en ruines, ce qui ajoute à l’expérience authentique de ce site historique charmant. Le plâtre ébréché des murs dévoile la structure de bois et de pierre de la maison et offre aux visiteurs un aperçu du passé. Inutile de dire, j’ai passé un bon moment à me promener dans les chambres avec des émotions me donnant la chair de poule, en absorbant l’histoire et les souvenirs de ceux qui ont passé leurs vies entre ces murs. Un des salons sert maintenant de musée avec une exposition spéciale d’artéfacts dédiée à l’histoire de la maison durant le temps du commerce et des voyageurs sur la rivière des Outaouais.

Une des chambres les plus intrigantes est celle du salon rond, entouré de trois alcôves servant de petites chambres à coucher, adjacentes à la salle de bal à la pemière étage. Chaque alcôve a été soigneusement installée avec les meubles et les articles quotidiens que la famille aurait utilisés : des lits avec des matelas en paille, des commodes, des robes de nuit en coton et dentelle, un pot de chambre en porcelaine, des jouets faits de bois, etc.

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Attends une minute, quoi ? Une salle de bal à la première étage ?! Eh oui ! Cette majestueuse chambre avec son merveilleux médaillon décoré au plafond continue de servir comme place de rencontre et a déjà hébergé des soupers bénéfices. C’est définitivement quelque chose à voir !

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Chaque pièce offre l’aperçu d’un moment d’histoire que nos vies mo-dernes ont oublié depuis longtemps. Des meubles en bois foncé tels qu’une bibliothèque d’avocat et des buffets luxueux garnissent les murs menant à diverses salles, où des corniches de plâtre et des moulures mu-rales décorent les pièces principales.

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Mais LA pièce de résistance, si je peux me permettre d’en choisir seule-ment une, c’est le four à pain et l’âtre au sous-sol, où les repas étaient cuisinés et où les serviteurs dormaient. Si je ferme les yeux, je jure que je peux sentir les arômes du pain de maïs...

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En parlant de foyer, voici un fait probant amusant. La MMW à l’époque avait douze, oui -- DOUZE foyers de bois à travers toute la maison ! Étant donné que la maison est très grande, on peut imaginer qu’elle aurait été bien difficile à réchauffer. Voici une photo du foyer dans la salle de bal :

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On peut réellement faire nos 10 000 pas en visitant les nombreuses pièces de la MMW !


C’est ainsi qu’après quelques heures, j’ai terminé ma tournée dans la salle de thé. J’ai refait mes forces avec une bonne tasse d’Earl Grey et un délicieux scone fait maison, avec de la crème et une confiture aux fruits. Et tout cela pour seulement 5 $. Miam !!


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Programmation estivale: alors, vous voulez maintenant visiter la MMH ?

La MMH est peut-être deux fois centenaire, mais elle est loin d’être endor-mie ! Du tout début juillet à la première fin de semaine de septembre, les Amis de la MMH sont bien occupés à accueillir les touristes et visiteurs, enthousiastes de communier à la beauté de cet important site historique canadien. Ouverte les samedis et les dimanches de 11 h à 16 h, la MMH jouit d’une riche programmation où on retrouve des expositions, des ora-teurs, des auteurs, des arts visuels, des musiciens et plus ! Durant ma vi-site, j’ai même eu le grand plaisir de faire la connaissance d’un groupe de femmes faisant du tapis crocheté. Elles travaillaient à leurs créations dans le salon rénové. Une d’entre elles fait partie du groupe des Martintown Wild and Woolly Rug Hookers* groupe existant chez nos voisins du sud, les comtés de SDG.

Mon imagination s’est mise à recréer cette scène éclairée par la lueur d’une chandelle, deux cents ans plus tôt. Quelle joie !

MWH 9Le coût d’entrée n’est qu’un humble 3 $. Vous avez 10 amis ? Amenez-les pour une visite de groupe. Il ne vous en coûtera que 10$ ! Pour les moins de douze ans, c’est gratuit !

Alors, si vous n’avez pas encore eu la chance de visiter la MMW, vous êtes mieux de vous dépêcher, car il ne reste que deux fins de semaine pour faire ce retour nostalgique dans le passé. Ce samedi, le 26 août à 14 h, les Vankleek Hill Fiddlers agrémenteront les visites de leur musique joyeuse ; pour la dernière fin de semaine de la saison estivale, soit du 2 et 3 septembre, une vente-débarras se tiendra toute la fin de semaine se ter-minant avec un pique-nique familial et une épluchette de blé d’Inde. De la crème glacée maison sera également offerte. Qui peut dire non à de la crème glacée maison ??? Euh, pas moi ! J’espère que vous pourrez vous rendre pour faire l’expérience ‘d’une visite’ de cette maison patrimoniale bien spéciale, un vrai bijou dans notre région de Prescott et Russell.

Ressources:

Si comme moi, vous avez la piqûre de l’histoire et que vous voulez ap-prendre davantage sur cet endroit fascinant, il y a quelques bonnes res-sources disponibles en ligne, telles que www.mwhouse.ca sur le site web de la MMW, le magazine de la Fiducie du patrimoine ontarien (en ligne ou imprimé), Questions de patrimoine avec un numéro complet dédié à l’excavation archéologique, à l’ingénierie et à l’histoire de la maison à travers quatre artéfacts trouvés à la MMW (voir sources pour le titre complet) et LE livre au sujet de la MMW écrit par Valery Verity, qui peut être acheté au magasin général.

Moi, en tout cas, je dois en connaître plus à ce sujet alors je vais refaire une visite durant leur dernière fin de semaine et je vais me procurer une copie du livre de Mme Verity afin d’en apprendre encore plus au sujet de cette maison fascinante.


Sources:


Conversations personnelles avec les bénévoles et les Amis de la maison Macdonell-Williamson, tel: Judith Henderson. Merci !

La conservation à l’œuvre : comprendre la maison Macdonell Williamson, Questions de Patrimoine : une publication de la Fiducie du patrimoine ontarien. Volume 12, Numéro 2, décembre 2014.

Macdonell-Williamson House: Heritage Just Across the Ontario Border! Ann Peters, Outaouais Heritage WebMagazine.

*Vous êtes curieux de voir ce que les crocheteuses de tapis modernes créent aujourd’hui ? Les Martintown Wild and Woolly Rug Hookers auront une exposition au Centre Culturel de Cornwall, du 4 au 29 septembre 2017. Vernissage: 4 septembre, 17 h à 20 h.